L’aide alimentaire à Gaza désigne l’ensemble des distributions de nourriture destinées aux civils palestiniens en situation de famine. Elle n’est pas un simple geste caritatif — c’est une ligne de vie pour plus de 2,2 millions de personnes bloquées dans une zone assiégée. Depuis 2023, les accès humanitaires sont coupés, rouverts, puis coupés encore. Les familles ne mangent pas tous les jours.
Pourquoi l’aide alimentaire à Gaza compte aujourd’hui
Gaza connaît l’une des pires crises alimentaires de l’histoire moderne. En mai 2025, le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC) a classé la totalité de la bande de Gaza en phase 5 — famine déclarée. C’est le niveau le plus haut. Des centaines de milliers d’enfants souffrent de malnutrition. Les convois d’aide n’arrivent pas en quantité suffisante. Watan France suit cette situation depuis le terrain — et les besoins dépassent ce que les médias montrent. Les populations du nord de Gaza sont les plus touchées. Sans aide régulière, les familles n’ont rien d’autre.
Ce que les chiffres révèlent sur Gaza
Avant 2023, Gaza importait environ 500 camions de marchandises par jour. En 2024, ce nombre est tombé à moins de 50 certains jours, selon l’OCHA. Un enfant de moins de cinq ans sur trois souffre de malnutrition aiguë dans le nord. Le PAM estime qu’il faut 300 camions d’aide par jour pour couvrir les besoins de base. La réalité sur le terrain reste en dessous de ça. Les femmes enceintes, les nourrissons et les personnes âgées sont les plus fragiles. La crise n’est pas un manque de nourriture dans le monde — c’est un blocage de l’accès.
Qui souffre le plus de la crise alimentaire à Gaza ?

Les enfants de moins de cinq ans paient le prix le plus fort. Selon l’UNICEF, plus de 90 % des enfants de Gaza souffrent de pauvreté alimentaire sévère — ils ne mangent qu’un ou deux types d’aliments par jour. Dans le nord, les mères allaitantes n’ont plus assez à manger pour nourrir leur enfant. Les personnes âgées et les malades chroniques suivent. Ce sont les groupes les plus fragiles — et les derniers à recevoir de l’aide quand les convois se raréfient. La faim, ici, n’est pas uniforme. Elle frappe d’abord ceux qui ne peuvent pas attendre.
Les enfants du nord de Gaza
Dans le nord de la bande de Gaza, la situation est la plus grave. Notre équipe a suivi des rapports de terrain en mars 2025 : des familles comme celle de Oum Khaled, à Beit Lahiya, survivaient avec du pain rassis et de l’eau non traitée depuis plusieurs jours. Un enfant sur trois dans cette zone souffre de malnutrition aiguë, selon les données IPC. Les signes physiques apparaissent vite — perte de poids, fatigue, retard de croissance. Ce n’est pas une statistique. C’est une réalité que les chiffres peinent à transmettre.
Les femmes enceintes et les nourrissons
Les femmes enceintes ont besoin de calories et de protéines. À Gaza, beaucoup n’ont ni l’un ni l’autre. Le PAM signale que des carences en fer et en acide folique touchent une grande partie des femmes enceintes dans les zones les plus bloquées. Un nourrisson qui naît d’une mère sous-alimentée part avec un déficit. Ce déficit se creuse si l’aide alimentaire n’arrive pas dans les premières semaines. Les effets durent des années — même après la fin d’un conflit.
Pourquoi l’aide alimentaire n’atteint-elle pas Gaza ?
L’aide alimentaire existe. Le problème, c’est l’accès. Les points de passage — Rafah, Kerem Shalom — ont été fermés ou limités à plusieurs reprises depuis octobre 2023. Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), les délais d’inspection et les refus de passage ont bloqué des milliers de camions chargés de vivres. Les routes internes sont souvent impraticables ou dangereuses. Les entrepôts de stockage ont été endommagés. Et les organisations sur le terrain manquent de carburant pour distribuer ce qui arrive. Ce n’est pas un problème de quantité mondiale — c’est un problème de système bloqué.
Quelle forme prend l’aide alimentaire à Gaza aujourd’hui ?
L’aide alimentaire à Gaza prend plusieurs formes. Les colis alimentaires secs — farine, riz, huile, légumineuses — restent la base. Ils peuvent être stockés sans réfrigération et donnés à des familles entières. Les repas chauds préparés par des cuisines communautaires servent les déplacés qui n’ont pas de quoi cuisiner. Les suppléments nutritionnels thérapeutiques — comme le Plumpy’Nut — ciblent les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère. Chaque format répond à un besoin différent. Une famille avec un réchaud a besoin d’autre chose qu’un enfant hospitalisé. L’aide efficace distingue ces situations — et s’adapte.
Ce que font les organisations sur le terrain aujourd’hui
Plusieurs organisations maintiennent des opérations à Gaza malgré les obstacles. UNRWA gère des points de distribution dans les zones encore accessibles. Action contre la Faim et Médecins Sans Frontières
Ce que vous devez savoir aujourd’hui sur l’aide alimentaire à Gaza
La situation à Gaza reste une urgence active. Les besoins ne diminuent pas — ils changent de forme. Selon l’OCHA, plus de 2,2 millions de personnes dépendent de l’aide extérieure pour manger. Les colis alimentaires secs, les cuisines communautaires, les suppléments thérapeutiques — chaque canal reste sous pression. Les organisations présentes sur le terrain adaptent leurs routes, leurs stocks, leurs équipes. Rester informé sur ces mécanismes, c’est comprendre où l’effort humanitaire doit se concentrer. Et cette compréhension est le premier pas vers une action qui dure.
Pourquoi la malnutrition infantile reste la priorité numéro un
Les enfants de moins de cinq ans payent le prix le plus lourd. L’UNICEF signale des taux de malnutrition aiguë sévère qui dépassent les seuils d’urgence. Un enfant atteint de malnutrition aiguë sévère peut mourir en quelques semaines sans traitement. Les aliments thérapeutiques comme le Plumpy’Nut coûtent environ $40 pour traiter un enfant sur toute la durée du protocole. Ce chiffre donne une mesure concrète à l’urgence. Chaque semaine de retard dans la distribution aggrave les séquelles à long terme — sur la croissance, sur le cerveau, sur l’avenir.
Ce que les organisations présentes font malgré les obstacles
Les équipes sur le terrain n’attendent pas des conditions parfaites. Elles travaillent avec ce qu’elles ont. L’UNRWA maintient des points de distribution dans les zones accessibles. Action contre la Faim adapte ses itinéraires quand les routes ferment. Des cuisines communautaires préparent des milliers de repas par jour avec des ressources limitées. Ces opérations tiennent grâce à des systèmes logistiques souples — et à des équipes locales qui connaissent le terrain mieux que quiconque.
Derrière chaque repas distribué, il y a une chaîne longue et fragile. Des entrepôts, des camions, des équipes locales, des décisions prises sous pression. À Watan France, nous suivons cette chaîne de près — parce que l’aide alimentaire à Gaza ne s’improvise pas. Elle se construit avec méthode, dans la durée. Voir comment ce travail continue →